Et voici … Le carnet de route !

Afin de garder un souvenir dans notre bibliothèque, un carnet de route vient de voir le jour.

Ses 140 pages, reprenant nos rubriques quotidiennes, illustrées de 600 photos sont désormais disponibles.

Il vous est donc possible de garder une trace imprimée de notre périple ….

Edité à très peu d’exemplaires, son prix de revient oscillera entre 45 et 50 euros en fonction, notamment, du nb d’exemplaires commandés. (minimum 20)

Si vous le souhaitez, contactez-nous par mail, téléphone ou via ce blog, afin que nous puissions faire imprimer le nombre d’exemplaires nécessaire.

Le lien ci-dessous permet de voir l’intégralité de l’ouvrage. (Une fois connecté, cliquez sur la couverture pour voir apparaître le contenu.)

https://www.blurb.fr/bookstore/invited/8599566/e378043a8d3014cdeb501d26d00effc0af56e60e

sinon vous pouvez consulter quelques double-pages …

La couv !

Mise en place de l’expo photos.

L’exposition photo est en place depuis le 16 janvier 2020.

Grâce au savoir-faire et aux moyens techniques de PICTO, nos images, présentées dans le show-room de l’entreprise, sont mises en scène et exposées sur différents supports.

Elles sont visibles principalement les mercredis et jeudis après-midi de 14h00 à 17h00 ou sur rendez-vous en nous contactant via ce blog.

Deux épilogues…

Mes derniers kilomètres,

L’émotion est grande, je la ressens vibrer en moi. L’estomac serré, je ne peux retenir une larme, je vis pleinement ce moment en communion avec cette nature sauvage, sur cette route qui s’arrêtera au bout du plateau.

A vélo, nous sommes acteurs et faisons partie du monde qui nous entoure. On en perçoit, la rudesse mais aussi la fragilité, les détails, les bruits. Le départ d’un oiseau effarouché, une lumière entre deux nuages, un détail à l’horizon nous font prendre conscience de la vie qui cohabite sous toutes ses formes, de la fragilité des éléments, de nous-même, de l’instant présent mais aussi du bruit et de la brutalité d’un moteur qui passe trop vite à nos côtés, de notre fragilité, de notre existence.

Cette boule ronde sur le sommet de ce plateau, depuis 15km n’en finit pas de grossir.

Au bout de la route, le Cap Nord, après il n’y a plus rien.

Même si elle continuera un peu, notre aventure s’arrêtera là, au bout du chemin.

Le sentiment est fort, entre plaisir d’arriver, bonheur infini d’avoir réalisé un rêve, de toucher le but et la nostalgie de terminer cette itinérance.

Le vent du nord me glace, mais je suis heureux qu’il soit là, il fait partie du décor. Je l’attendais, il est là. J’espérais ce ciel bleu, il est là. C’est un moment exaltant que je suis heureux de partager avec mes 2 amis, Jean-Claude et Patrick. 

La falaise se découpe lentement, j’atteins le but !

“ Voyager est l’art de la rencontre ” ou “ Voyager sans rencontrer l’autre n’est pas voyager, c’est se déplacer ”`Voyager à vélo c’est rencontrer l’autre. Depuis Brain sur Allonnes, où, dans ce petit bistrot de village nous avons croisé 3 habitués, les rencontres se sont enchainées, parfois insolites, toujours enrichissantes.

“ Même le plus long des voyages, commence par un premier pas. ”

Ce premier pas, je l’ai fait grâce à Patrick qui m’a entrainé dans son projet. J’ai découvert la liberté qu’apporte le voyage à vélo. Aller lentement, s’arrêter ou l’on veut, rencontrer, discuter, s’extasier, photographier, vivre, tout simplement, libéré de toute contrainte.

NordKapp :

Au bout du chemin,
Face à nous, plus rien,
Le vide et la glace.
Le vent ne se lasse,
Transporte avec lui,
Nos rêves et envies…

Jean-Jacques.

 




 

Éviter le scarabée.

Le vœu formulé et exaucé, du soleil initial toulousain et final au Nordkapp, me comble. Dans les dernières rampes vers le globe emblématique, tout défile, ces 67 jours de pédalage pour atteindre ce petit bout de monde, cette ultime falaise haute mais pas très large, ce plateau où une végétation rase et fragile résiste à tous les vents que rien n’arrêtent.

Dès les premiers jours en mai, et jusqu’à l’ultime étape, la bienveillance des gens croisés étonne, le vélo harnaché de sacoches semblerait synonyme de souffrance sur la route, et attire les sympathies. Les questions seront une ritournelle : d’où venez-vous, où allez-vous, combien de kilomètres par jour, quel poids le vélo, … Les signes d’encouragement fréquents, de la main ou de la voix, d’une mamie ou d’enfants, de motards ou de camping-cars.

Deux voyages en un, avant la Norvège et…Norway. Ce pays que le Sami Ruben comparait à sa main et son bras entier pour en décrire la forme complexe, large en bas, puis s’étirant vers le nord-est en un arc étroit de quelques kilomètres de large par endroit, dans des entrelacs inextricables d’iles et de fjords. La mouette qui n’est pas taiseuse, nous a accompagnée sur toutes ces côtes, dans tous ces fjords, et on a souvent pensé qu’elle était une depuis le départ, toujours la même, c’était seulement  la même stridence, le même ricanement.

Sur ces rubans d’asphalte vers le grand nord, rien de plat, des bosses, des coups de cul, des raidars, des rampaillous, des plats montants sans fin…tout le jargon cycliste y passe, et le lest du barda nous a appris la patience quand le biclou semblait collé au bitume.

La nuit a disparu progressivement étape après étape, toujours plus vers le nord, puis, plus de repères, la lumière règne, permanente, souvent forte. Et la lune ? Bah, pas de nuit, pas de lune ! Et ce depuis peut-être l’entrée en Norvège, je ne sais plus, mais finalement, elle manque un peu.

Le voyage à vélo ou le luxe d’une lente flânerie, de la nonchalance, de l’arrêt soudain pour observer, écouter, photographier, avec la certitude de faire partie du décor, la perception de tout : du relief, du vent, de la pluie, du soleil, du froid, de la chaleur. Je jubile encore de ce spectacle ininterrompu de paysages et de ces lumières incroyables.

Les rencontres, souvent passionnantes de ces voyageurs aux envies multiples, resteront gravées longtemps. Des jeunes dans l’insouciance, à l’insatiable soif de découverte, des plus chevronnés parcourant les routes en tout sens, des milliers de kilomètres dans leurs guiboles effilées, tous forment une petite communauté cycliste itinérante qui se reconnait sur la route ou devant les traversiers et partage volontiers.

Une fois en haut, tout en haut, avec mes deux potos, il a fallu rebrousser chemin, le Gps indiquant maintenant le sud, vers la maison donc. Ces quelques jours de bonus à rebours atténuent la nostalgie, puis l’envie de rentrer se précise.

Reste la route du dernier jour : petite, qui serpente, sans circulation, avec le seul chuchotement des pneus sur l’asphalte. Ça ne couvre pas le cri de la mouette perchée sur un poteau, de la pie huitrière en contrebas, même pas le souffle de l’évent des petits rorquals dans les eaux calmes. Et puis grande vertu de la lenteur, la trajectoire précise, voir et éviter le scarabée, juste lui laisser une petite chance de traverser et continuer sa route.

Patrick.

 

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Voilà, clap de fin sur l’escapade entre amis !

Derniers jours…13-18 juillet – 90 kilomètres.

Havøysund est un bout du monde. Située sur une petite ile de 20 kilomètres carrés à l’extrême nord du pays, une seule route fermée en hiver, qui enjambe un bras de mer, la relie au continent et s’arrête là. Dominées par quelques éoliennes les maisons multicolores entourent son petit port de pêche survolé par des milliers de mouettes. Nous sommes dans le grand nord presque à la hauteur du Cap sur le 71ème parallèle. Les villes les plus proches sont à trois et 170 kilomètres par la route ou à deux heures d’express côtier.

L1362564DSCF126020190714_130550Footing sur le 71ème parallèle.

Le village d’Olderfjord est un croisement entre les routes du Nordkapp, de Kirkenes et d’Alta. C’est là que s’achèvera définitivement notre voyage à vélo, nous les poserons dans le bus. Auparavant, 90 kilomètres et deux jours durant, la route côtière abandonnée aux rennes et balayée par le vent sera notre guide. Au bivouac, le matin du deuxième jour, des oscillations de cétacés éveilleront notre curiosité. Ce petit groupe, calmement explore le fjord, seules apparaitront leurs nageoires dorsales.

DSCF1341DSCF1345DSCF1326DSCF1418DSCF1402DSCF1384DSCF1387L1362581Ô temps suspends ton vol…l’ancien médite !

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La suite…Odelfjord, le bus, Alta, l’aéroport, et les vélos en carton pour un départ le 19 juillet.

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Nordkapp – Honningsvåg – 34 km (D+ 566) – Vendredi 12 juillet – J68 – Cumul 5 263 km – Cumul D+ Norvège 28 963 – Latitude 70°58’33 »

Du Nordkapp au Knivskjellodden ou de 71°10’16 » à 71°11’08 »

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Au bout de la nuit sous nos latitudes, ce qui ici n’a pas de signification, nos cinq tentes sont posées à quelques encablures du site sur la falaise aride et rocailleuse. L’excitation de l’arrivée, les rires et discussions, les effets de l’aquavit, la tente secouée comme un drapeau, notre courte nuit s’achève vers 10h00. À nouveau deux tables sont squattées dans le hall vitré du bâtiment pour le petit déjeuner. Un dernier au revoir à Thomas et Emmanuel prenant chacun une route pour la Finlande, l’un en bateau, l’autre en bus, et nous voilà partis pour une randonnée…à pied. Elle nous mènera au vrai Cap Nord, le Knivskjellodden, une langue de terre située à 9 kilomètres de la route et 1611 mètres plus au nord. En effet, en 1553, un anglais, Richard Chancellor, sur le Bonaventura double cette majestueuse falaise qu’il baptisera Cap Nord. En fait, le site est sur une île, et le point le plus septentrional du continent se trouve 60 kilomètres à l’est et 6 kilomètres plus au sud.

L1362523Alignement des trois « cap nord”, le continental au fond étant peu visible sur l’image.

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La marche vers le vrai ” Cap ” sur un chemin empierré et parfois marécageux n’est pas aisée, mais nos efforts sont largement récompensés par la superbe vue sur la mer de Barents, l’imposante falaise et le cap nord continental au loin.

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À 18h30, déjeuner sur les rochers en observant entre les rochers les plantes les plus septentrionales du continent.

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Il est 21h30, les vélos sont toujours sur le parking. Un vent glacial couvre par instants la falaise de nuages jouant avec le soleil pour nous offrir une lumière fantastique pour le retour à Honningsvåg. Sur cette route, les pauses photos s’enchainent.
L’absence de nuit efface la notion de l’heure, il est 2h00 lorsque nous posons la tente pour un réveil à 4h00, l’express côtier  “ Kong Harald ” de 5h45 n’attend pas.

Plus à l’ouest à Havøysund 2 jours de bonus vélo nous attendent …

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Tunnel de Magerøya – Nordkapp – 53 km (D+ 954) – Jeudi 11 juillet – J67 – Cumul 5 229 km – Cumul D+ Norvège 28 397 – Latitude 71°10’16 »

Hâte-toi lentement !

Les cris et les ricanements des mouettes nous réveille à 10h. Depuis le promontoire, où sont posées nos tentes, on ne se lasse pas de la vue sur la baie.

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La première, Marie, démarre en milieu de matinée pour la cinquantaine de kilomètres restants, vers midi, c’est notre notre tour. Emmanuel trainera encore un peu. “ Hâte toi lentement ” sera notre leitmotiv du jour. L’envie de faire durer le plaisir, le but, là, tout proche, marquera la fin d’une aventure et nous ne sommes toujours pas rassasiés des lumières, des paysages, des maisons jaunes, rouges ou bleues, en reflet sur les eaux miroir. Il faudra plus de 2 heures pour parcourir les 13 petits kilomètres jusqu’à Honningsvag. Cherchant un espace pour manger, une boulangerie « française » face au port, accueille les touristes de passage.

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En Norvège, aucun petit commerce, aucune petite épicerie, seulement quatre boulangeries vues depuis Oslo. En vitrine, une étiquette indique : pain au chocolat. On a pas osé demander une chocolatine, le pain au chocolat du Cap Nord a une toute autre saveur. Exceptée la bière, les supermarchés ne vendent pas d’alcool, seuls les Vinmonopolet, magasins d’état, le peuvent. L’un, proche de la boulangerie, nous ouvre ses portes. Une bouteille d’aquavit norvégien sera du voyage au NordKapp.

Tout est prêt pour gagner le bout du chemin !

Hâtons nous lentement, et à peine sortis du village, une séance de prise de vue s’improvise autour de la pancarte écrite pour nous “ NORDKAPP 31 ”.

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Le train de sénateur continue, la lumière belle, les arrêts-photos s’enchainent. Mathias, 22 ans, s’arrête : “ Vous êtes photographes ? ” La discussion s’engage. Il veut être reporter et réalise un photomontage des touristes croisés et les interroge. L’échange entre la vie sur l’île, l’organisation de l’été et celle de l’hiver, et notre voyage, dure. Il habite un petit village à l’est de l’île, nous ne le suivrons pas et il repart, notre image dans son portable. Emmanuel rejoint JJ au pied de la première bosse qui finit sur un plateau à 300 mètres d’altitude. Regroupement au sommet, peu de temps après et pour la première fois, le bâtiment du NordKapp se dessine à l’horizon. Les 20 derniers kilomètres des 5 200 parcourus se matérialisent par une route serpentant dans ce décor d’herbe rase et de lichen. Quelques rennes, taches banches et grises cherchent leur nourriture. Le serpentin descend, remonte, le NordKapp se gagne et c’est bien. Les pentes sont dures, le vent froid, nous avons appris à être patients, à monter lentement pour ne pas épuiser nos forces. Sous le soleil, nous sommes heureux de ce final, une arrivée trop facile n’aurait pas la même saveur.

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10 kilomètres, le spot est là, en face, les véhicules stationnés scintillent. Cette route n’en finit plus de monter, de descendre, ralentit la progression, fait durer le bonheur d’arriver et nous permet de réaliser, lentement, progressivement que le voyage s’achève, que nous touchons au but. La météo est à la fois magnifique et exceptionnelle. Elle nous récompense de la succession des longues journées de pluie endurées, et à aucun moment nous ne les échangerions contre le privilège de cet horizon sans nuages.

L1362486L1362493Dernière bosse !

Tout les trois, atteignons ensemble, côte à côte, l’entrée du site. Un couple de basques espagnols, réquisitionné, immortalise l’instant.

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Au pied du globe, notre Graal, venant de Paris, de Suisse, ou d’Allemagne, des touristes motorisés nous assaillent de questions.

L1362496L13624973 potos arrivent au Cap Nord.

DSCF1121DSCF1122Le t-shirt des Gugusses !

DSCF1142Cadeau de départ à l’arrivée.

DSCF1132Un bonnet au nord.

Et soudain, un sourire dans la foule, Thomas, croisé à l’entrée d’un tunnel trois semaines auparavant, arrive, mêle sa joie à la notre. Marie, la jeune allemande, compagne de route d’Emmanuel est déjà là. Devant prendre un avion, tôt le lendemain, elle nous quittera rapidement. Emmanuel arrive, son beau sourire encore plus rayonnant qu’à l’accoutumée. Retrouvailles avec Thomas, les deux s’étaient déjà croisés quelque part sur une route.

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Les séances de photos s’enchainent sous le globe à l’extrémité de la falaise. Au milieu du site, dans le grand hall vitré, on accapare longuement deux tables. Les discussions fusent. Retour au globe, il est 1h30, le soleil au plus bas, nous allons changer de jour, son feu jaune doré nous réchauffe un peu, les derniers touristes quittent le site, il est temps de déboucher l’aquavit et de boire à nos voyages.

DSCF1128DSCF1145Moins visible de la mer, cette pointe est le vrai Cap nord. 

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Abrités du vent glacial, seuls sous le globe du mythique Nordkapp, devant la mer de Barents, au bout du monde pour de vrai, sous la pâle chaleur du soleil, il est 3h00, nous n’avons pas sommeil, c’est tout simplement le bonheur.

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Olderfjord – Tunnel de Magerøya – 87 km (D+ 830) – Mercredi 10 juillet – J66 – Cumul 5 176 km – Cumul D+ Norvège 27 443 – Latitude 70.95

Savourons lentement !

Le fil d’asphalte plat qui longe la côte paraît interminable, mais on savoure, c’est le début de l’étape qui nous mènera sur l’ile de Magerøya, le bout de la route, de notre route pour cette fois. On stoppera juste après la traversée d’un long tunnel sous-marin. Le ciel un peu bas, le vent froid qui cingle les visages nous ralentit, surement pour nous forcer à nous délecter du spectacle de ce presque bout d’Europe. Sur la gauche, les roches à vif, érodées par le vent, la pluie, le froid forment un mille-feuilles géant et fragile de schiste qui de temps en temps se transforme en éboulis.

DSCF0962DSCF0992DSCF0883L1362336L1362344DSCF0891Macabres séchoirs.

Les rennes apparaissent en groupes de plus en plus importants, en bords de plage de galets ou sur les pentes plus ou moins raides qui bordent la E69.

DSCF0904L1362378DSCF0914Un renne à saute-mouton.

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Cormorans, eiders, goélands, tous s’affairent en contre bas, crient, plongent, lorgnent vers les falaises. Le ballet sonore et permanent de ces oiseaux nous accompagne depuis plusieurs semaines, nous fait lever la tête et suivre leurs trajectoires semblant prises au hasard.

Savourons la vue de ces rennes courants, en bord de mer, savourons ces paysages, savourons chaque tour de roue, ce n’est que du bonheur. Le vent, le froid n’ont plus d’emprise, ils sont chez eux, nous sommes avec eux, simplement acceptés. 

La carte est scrutée attentivement pour vérifier si à la prochaine pointe, l’île commence à se dévoiler, ce sera la suivante, non, la prochaine, toujours pas. À  chaque fois la vue se dérobe et le ruban noir plonge pour mieux remonter. Puis finalement, une dernière pointe, un chemin sur la droite, parfois boueux, qui monte doucement sur un ou deux kilomètres, et la voilà : Magerøya, et à son extrémité, bien sur toujours invisible, le Nordkapp.

L1362383L1362358DSCF0959DSCF0958L1362367L’entrée dans la commune de Nordkapp.

L1362388Au fond, Magerøya.

Pour l’atteindre, la descente dans les entrailles du tunnel tant redouté des cyclistes, 212 mètres sous le niveau de la mer pour 7 kilomètres de long. Il est 20h07, le flux des camping-cars, des motos baissent depuis un moment. Plongée toute droite dans le froid, dans une presque pénombre, les Gps ne captent plus, mais on sent irrémédiablement la prise de vitesse, probablement plus de 50 km/h. Puis un replat d’un kilomètre, un camion passe à contre sens, et la remontée s’amorce, longue, la pente est  annoncée à 9%. Enfin la sortie. Au final, beaucoup moins terrible qu’attendue, la quasi absence de circulation a fortement atténué la pénibilité de cette traversée.

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Comme prévu, immédiatement  après, le parfait spot pour un bivouac. Abrité, un cargo, presque immobile a mouillé l’encre dans la baie devant Honningsvag, nous lui faisons face sur une petite hauteur surplombant cette mer d’huile.

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Nos tentes et la popote installées, une jeune cycliste allemande apparait, nous demande si elle peut planter sa toile pas trop loin en attendant son ami français qui ne saurait tarder. Dans l’heure suivante, son ami approche du bivouac nous lançant de suite un salut sonore. Emmanuel, harassé, descend de son vieux biclou. Le bricoleur de vélo rencontré à Trondheim vient de rejoindre, Marie, son amie allemande. Elle lui avait dit être proche de trois français, de suite, il avait compris. Nous partageons tous le grand plaisir de ces retrouvailles inattendues et improbables. En sueur et fourbu après la montée pour sortir du tunnel, les mains noires de cambouis, dérailleur avant foutu, il doit maintenant faire ses changements de plateaux à la main, en s’arrêtant avant le début de la pente, qu’importe, ses yeux brillent toujours du bonheur de son aventure.

Demain, tous les cinq, à leur rythme, rallieront le NordKapp…